23.02.2007
Le CNI fait entendre sa voix auprès de Sarkozy
Article paru dans l'édition Ouest-France du 21 février 2007
Les relations s'améliorent entre Annick du Roscoät, présidente du CNI et Nicolas Sarkozy. Elle a été reçue par le ministre candidat hier matin.
Jusqu'à ces dernières heures, le climat entre le CNI (Centre national des indépendants et paysans) et Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, n'était pas au beau fixe. Le parti d'Annick du Roscoät parlait volontiers du "dédain" de l'UMP et ne soutenait que du bout des lèvres le ministre candidat. "Un soutien de raison, sans ralliement enthousiaste. Voter pour Sarkozy est une chose. Entraîner l'adhésion des hésitants, des réfractaires, des déçus en est une autre. Aujourd'hui, nous estimons que plus de 40% de notre électorat fait défaut au candidat de droite", précise la présidente du CNI. Avant de rajouter : "Même certains jeunes de notre formation sont tentés par Bayrou. Sarkozy leur fait peur !"
"L'union n'est pas l'uniformité"
Bref, une explication de texte entre Annick du Roscoät et le candidat de l'UMP s'imposait. Elle a eu lieu mardi matin, place Beauvau, au siège du ministère de l'intérieur. "Une rencontre amicale", résume la présidente du CNI. Qui en a profité pour rappeler les conditions d'une "mobilisation franche, active et massive" de son parti autour de Sarkozy.
Première de ces conditions : préserver l'indépendance du CNI "Union ne veut pas dire uniformité", poursuite Annick du Roscoät, "Nous resterons indépendants comme nous le sommes depuis soixante ans. Le CNI aura ses propres candidats aux législatives" La présidente ne transigera pas non plus sur certaines idées défendues par les 3500 adhérents de son parti. "Nous sommes contre l'homoparentalité et le discrimination positive. En ce qui concerne le droit de vote des étrangers, nous exigeons au minimum l'organisation d'un référendum."
Apparemment, le ministre candidat s'est montré attentif aux doléances du CNI. Mais "si nous passons lentement d'un soutien passif, à un soutien actif", tout n'est pas réglé. Une autre rencontre est prévue dans les prochaines semaines.
Et Annick du Roscoät de conclure :"Notre voix doit être prise en compte pour pouvoir s'ajouter clairement à celles qui soutiennent Nicolas Sarkozy et contribuer à la victoire de notre camp".
Par Joël Bigorgne
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30.11.2006
Annick du Roscoät : la copine de Chirac
Ce jour, article paru dans Le Point
Outre Elisabeth Hubert, éphémère ministre de la Santé du premier gouvernement Juppé, trois femmes de droite ont durablement marqué et marquent encore la vie politique nantaise : Monique Papon, longtemps députée et aujourd’hui sénatrice de Loire-Atlantique, Gisèle Gautier, première femme maire dans l’agglomération, en 1989, également sénatrice, et Annick du Roscoät, longtemps conseillère municipale de Nantes et aujourd’hui présidente nationale du CNI (Centre national des indépendants et des paysans).
Epouse de médecin, Annick du Roscoät pourrait incarner la vieille droite nantaise, celle qui réside dans la « terre sainte », les quartiers chics proches de la cathédrale. Mais cette femme politique atypique est trop turbulente pour cela. Entrée en politique en 1981, au lendemain de l’accession de la gauche au pouvoir, Annick du Roscoät revendique un franc-parler un peu rude.
« La première fois que j’ai rencontré Jacques Chirac, l’entrevue devait durer un quart d’heure, je suis restée près d’une heure. Et je lui ai dit ce que je pensais. Depuis, il me reçoit deux fois par an. »
De fait, cette femme de conviction qui affirme avoir refusé une place éligible aux européennes, sur la liste de Roselyne Bachelot, jugée infréquentable pour ses positions sur le Pacs, n’a jamais mâché ses mots. « La politique est un monde qui n’est pas facile, et quand on y va, il faut y aller franchement. » commente-t-elle. Elle n’en est pas moins d’un commerce simple. « Les gens m’abordent dans la rue pour me demander du travail ou se plaindre de la circulation alors que je ne suis plus élue locale depuis des années ».
Ses responsabilités sont maintenant nationales. En sept ans, elle s’est employée à replacer le vieux CNI dans la majorité en lui faisant adopter une charte « interdisant toute dérive extrémiste. ». Elle tente également de dépoussiérer l’image du parti d’Antoine Pinay, grâce à un site Internet. Elle est absorbée par le recueil des signatures pour Jean-Michel Jardry, le candidat du CNI à la présidentielle. Une candidature qui sent un peu le contre-feu allumé par l’Elysée à droite de l’UMP. Mais Annick du Roscoät ne peut rien refuser à Chirac, son modèle et son mentor. – PH. D.
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